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Les traitements de procréation assistée assumés par le régime public le 5 août

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MONTRÉAL - C est finalement à compter du 5 août que les femmes infertiles pourront bénéficier de la gratuité des traitements de procréation assistée au Québec.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, qui avait déjà annoncé il y a plusieurs mois la parution des règlements encadrant ces pratiques, a confirmé mardi que c est à compter du 5 août que la loi et les règlements entreront en vigueur.

Les autorités s attendent à ce que 3500 cycles de fécondation in vitro soient couverts cette année et 7000 en 2014-2015.

Coût

La mesure devrait coûter 25 ou 26 millions $ pour cette année déjà amorcée, puis 32 millions $ l an prochain et 63 millions $ en 2013-2014, a précisé le ministre Bolduc.

Le ministre a dit croire que le système pourrait s auto-financer, parce que la proportion de grossesses multiples devrait baisser de 30 pour cent à cinq pour cent. Mais la présidente de l Association des pédiatres, la Dre Pascale Hamel, croit que le ministère est trop optimiste dans ses prévisions.

Déjà, des voix s élèvent pour dire au gouvernement qu il sous-estime la demande et qu il en sous-estime les coûts.

Le président de la Fédération des médecins spécialistes, le Dr Gaétan Barrette, affirme qu il ne serait pas surpris que le programme coûte plutôt 200 millions $ dans quelques années. Il souligne d ailleurs que dans ses pourparlers avec les médecins spécialistes, le gouvernement n évoquait pas ce chiffre de 63 millions $, mais plutôt 80 millions $.

Le système permettra trois cycles de fécondation in vitro qui produisent plusieurs ovules, mais l implantation d un seul embryon à la fois. Dans certains cas, il pourra y avoir deux ou trois embryons implantés, selon l âge de la femme.

«Attelez-vous tout le monde. Moi, je m attends même à ce qu il y ait du tourisme procréatif au Québec. Le Québec va être la seule place en Amérique du Nord où on va avoir accès à ça gratuitement. Et pour y avoir accès, la seule condition va être d avoir une carte d assurance-maladie. Et une carte d assurance-maladie, vous pouvez l avoir après trois mois de résidence. Je peux vous annoncer à l avance qu il va y avoir beaucoup de matantes Georgette qui vont se faire appeler par des Canadiennes. Entre payer 15 000 $ ou 20 000 $ dans une autre province ou venir au Québec et l avoir gratuitement, c est un trois mois de vacances qui n est pas mal payé, ça, qui est très rentable», a prédit le Dr Barrette.

Les représentants des médecins trouvent en fait qu il s agit d un «bon programme», mais lancé trop vite et sans qu on en ait les moyens.

Le président de l Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, le Dr Robert Sabbah, a souligné qu il manque déjà entre 60 et 70 gynécologues au Québec pour suivre les grossesses normales.

Il a noté que le Danemark a diminué l accès à son programme public de traitement de l infertilité «Ã  cause des coûts énormes que ça a engendré». Selon lui, cela aurait accrû de 0,25 pour cent le budget de la Santé.

N empêche, la porte-parole de la cause, l animatrice et productrice Julie Snyder, a salué cette ouverture gouvernementale par des larmes de soulagement. «J ai vu des femmes s effondrer chaque mois quand elles avaient leur règles, se sentir des moins que rien, ne pas comprendre pourquoi elles souffraient de cette maladie-là. Je les ai vues sombrer dans un état dépressif», a-t-elle relaté, elle qui a suivi de tels traitements.

«Aujourd hui j ai la chance d avoir une petite fille qui est ce qu on appelle communément un bébé éprouvette. Derrière chaque bébé éprouvette qui naît, il y a une femme éprouvée et il y a une mère comblée. Je me réjouis vraiment pour tous ces hommes et ces femmes. Le bonheur d avoir des enfants, quand on souffre d infertilité, ne peut être réservé uniquement à ceux qui en ont les moyens», a-t-elle lancé, la voix étranglée par les sanglots.

Un choix politique

Le ministre Bolduc a rejeté du revers de la main les critiques qui y voient le remboursement par le système public d un soin facultatif, alors que le Québec a toujours des listes d attente pour plusieurs chirurgies, des urgences qui débordent et des lits d hôpitaux fermés.

«En santé, à chaque jour on fait des choix. On me donnerait le double, le triple du budget et je serais capable de le dépenser. Le choix qu on fait c est un choix politique et un choix de population. C est bon pour le Québec parce que ça augmente la natalité; c est bon pour les soins de santé parce que ça va diminuer les coûts au niveau de la néontatalogie et c est bon pour les parents», a soutenu le ministre Bolduc.

Les traitements devraient être offerts au départ à 50 pour cent dans les cliniques privées et 50 pour cent dans le système public. Le ministre Bolduc croit que «d ici quelques années, les services seront majoritairement offerts en centre hospitalier».

Du côté de l Association du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux, on dénonce aussi l empressement du gouvernement.

L association déplore de plus le fait qu on «utilise des fonds publics pour ouvrir des marchés lucratifs au secteur privé», pendant qu on impose des restrictions budgétaires au réseau public.

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