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Marc Bellemare a nié lundi avoir fait appel au collecteur de fonds libéral Franco Fava pour l'aider à financer ses campagnes à la mairie de Québec.
«D'aucune façon je n'ai fait appel à M. Franco Fava pour la campagne municipale, que ce soit celle de 2005 ou celle de 2007», a affirmé l'ancien ministre de la Justice devant la commission Bastarache sur le processus de nomination des juges, à Québec.
M. Bellemare a démenti de manière catégorique les allégations du militant libéral Jean-Paul Boily, qui a soutenu en fin de semaine dernière que l'ancien parti municipal dirigé par M. Bellemare avait sollicité l'aide de M. Fava au cours d'une réunion de financement le 21 mars 2005.
«Je n'ai aucun souvenir de l'avoir vu (M. Fava) à quelque réunion que ce soit et je ne pense pas qu'il ait contribué ou amené des contributions financières», a déclaré M. Bellemare, au procureur de la commission, Me Giuseppe Battista.
Le témoin vedette de la commission d'enquête a cependant concédé que M. Fava ait pu assister à une assemblée partisane tenue à Charlesbourg, à la fin du mois de mars 2005.
«Il y avait 1500 personnes. Peut-être M. Fava y était, je l'ignore. Peut-être que Charles Rondeau y était, je l'ignore», a-t-il assuré.
M. Fava est entrepreneur de Québec et collecteur de fonds influent du Parti libéral qui aurait exercé, aux dires de M. Bellemare, des «pressions colossales» pour la nomination des magistrats Marc Bisson, Michel Simard et Suzanne Gosselin-Després en 2003 et 2004.
D'après le témoignage de l'ex-ministre de la Justice, le premier ministre Jean Charest l'aurait enjoint, lors d'une rencontre en tête-à -tête le 2 septembre 2003, à donner satisfaction à M. Fava.
En matinée, Me Battista a testé la crédibilité de la version de M. Bellemare.
Documents à l'appui, le procureur a tenté de démontrer que la candidature de Marc Bisson n'est pas passée comme une lettre à la poste comme le prétend M. Bellemare.
Au contraire, le nom de M. Bisson n'a été retenu que tard en automne, une fois le rejet des autres candidats au terme de la vérification des antécédents par la Sûreté du Québec.
Marc Bisson, fils d'un important organisateur libéral de l'Outaouais, a été choisi pour siéger à la Chambre criminelle à Longueuil le 26 novembre 2003.
Les travaux de la commission reprendront en après-midi lundi avec le contre-interrogatoire de M. Bellemare par l'avocate du gouvernement du Québec, Me Suzanne Côté.
La semaine dernière, M. Bellemare a allégué que M. Charest lui avait forcé la main en 2003 et 2004 pour nommer à la magistrature trois protégés de M. Fava.
Selon M. Bellemare, les juges Bisson, Simard et Gosselin-Després doivent leur promotion aux fortes pressions exercées par l'entrepreneur Fava et dans une moindre mesure, le comptable Charles Rondeau.
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